La plupart des marques retail bien établies sont confrontées, tôt ou tard, au replatforming e-commerce. Le replatforming e-commerce consiste à transférer l'intégralité d'un site e-commerce, et des systèmes sur lesquels il repose, d'une plateforme à une autre, en déplaçant les données produits, les informations clients, les éléments de design et les intégrations afin d'améliorer les performances, d'accéder à de nouvelles fonctionnalités ou d'accompagner la croissance de l'entreprise. Les ventes e-commerce mondiales devraient atteindre 6 880 milliards de dollars d'ici fin 2026, et les achats en ligne représentent désormais plus de 20 % du commerce de détail mondial. Pour les entreprises qui se heurtent aux limites de leur plateforme, migrer vers une autre solution e-commerce est souvent le moyen le plus concret de lever les blocages et de continuer à se développer.
D'après une étude Time to Value menée avec un grand cabinet de conseil (en anglais), les marques qui migrent vers Shopify déploient leur plateforme en moyenne 20 % plus vite que celles qui choisissent une solution concurrente, ont 66 % de chances en plus de tenir les délais et 3 fois plus de chances de respecter leur budget. La preuve qu'une migration bien préparée n'est pas forcément le chantier coûteux et interminable qu'on imagine.
La plateforme que vous choisissez a un impact direct sur la disponibilité de votre site, l'expérience utilisateur (UX), sa capacité à monter en charge et la rapidité avec laquelle vous pouvez le faire évoluer. Le replatforming n'est pas une simple mise à niveau technique : il touche au chiffre d'affaires, au travail quotidien de vos équipes et à leur capacité à lancer rapidement de nouveaux projets.
Si votre plateforme ne suit plus le rythme de votre entreprise, ou si la maintenance vous coûte plus de temps et d'argent que de raison, il est sans doute temps de changer.
La migration e-commerce a longtemps eu la réputation d'être longue et coûteuse. Sans plan ni méthode, elle peut effectivement l'être. Mais rester sur une plateforme inadaptée coûte tout aussi cher, surtout quand les problèmes de performance, les intégrations manquantes et les solutions de contournement s'accumulent.
Ce guide détaille toutes les étapes d'un replatforming e-commerce : vous y trouverez une checklist, des critères pour prendre votre décision et des conseils concrets pour protéger votre SEO et votre chiffre d'affaires pendant la transition, et repartir sur de bonnes bases.
Qu'est-ce que le replatforming e-commerce ?
Le replatforming e-commerce consiste à transférer l'intégralité d'un site e-commerce, et des systèmes sur lesquels il repose, d'une plateforme à une autre. Données produits, informations clients, éléments de design : tout ce qui compte est déplacé. On y recourt généralement pour quitter une plateforme vieillissante, gagner en fonctionnalités, améliorer les performances ou accompagner la croissance de l'entreprise.
Les raisons les plus courantes d'un replatforming :
- Améliorer le fonctionnement et la vitesse du site
- Ajouter des fonctionnalités que la plateforme actuelle ne propose pas
- Tester de nouveaux modèles économiques ou une nouvelle infrastructure e-commerce
- Enrichir l'expérience client, par exemple en adaptant le site à chaque marché ou en le personnalisant
Un replatforming ne consiste pas toujours à changer de prestataire. Certaines marques quittent une plateforme SaaS (software as a service) pour leur propre infrastructure, ou l'inverse. Le terme « migration » peut désigner un simple déplacement de données, d'URL ou d'infrastructure, alors que « replatforming » renvoie plutôt à un changement d'architecture plus profond, qui modifie le fonctionnement de l'entreprise.
Replatforming e-commerce ou optimisation de votre plateforme : comment choisir ?
Tous les défauts d'une plateforme ne justifient pas une migration de site web complète.
Parfois, mieux vaut optimiser l'existant. Le replatforming se justifie quand le problème vient de la plateforme elle-même, pas de la façon dont elle est configurée. Avant de vous lancer, repérez ce qui peut se régler en modifiant la configuration, en ajoutant des intégrations ou en faisant quelques mises à niveau. D'autres problèmes, en revanche, tiennent à l'architecture même de la plateforme.
Optimisez plutôt votre plateforme actuelle si :
- Vos problèmes principaux concernent la vitesse du site, le SEO ou l'UX, et votre plateforme permet d'y remédier
- Vos intégrations sont stables et fonctionnent bien
- L'éditeur de votre plateforme a une feuille de route produit crédible, qui répond à vos besoins non couverts
- Le coût et les perturbations d'une migration dépasseraient les gains attendus
Envisagez un replatforming si :
- Vous butez sur des limites techniques impossibles à contourner (personnalisation du paiement restreinte, nouveaux canaux de vente impossibles à ajouter, etc.)
- Les coûts de maintenance et de contournement augmentent d'année en année
- Votre éditeur innove moins vite, et vos concurrents installés sur des plateformes plus récentes prennent de l'avance
- Vous avez besoin d'une architecture plus souple que celle de votre plateforme actuelle, par exemple pour passer au commerce headless ou composable (voir plus bas)
Les types de replatforming et de migration e-commerce
On distingue trois grands types de replatforming et de migration e-commerce :
- De plateforme à plateforme : vous passez d'une solution e-commerce monolithique à une autre, plus riche en fonctionnalités ou en intégrations, qu'elle soit cloud, SaaS ou on-premise. Exemple : une migration de PrestaShop ou de Magento (devenu Adobe Commerce) vers Shopify.
- Migration progressive : vous faites évoluer votre boutique par étapes plutôt qu'en une seule fois. Vous pouvez par exemple changer de système de gestion de contenu (CMS) tout en conservant une partie de votre stack technologique actuel.
- Du monolithe aux microservices : vous découpez votre stack e-commerce en briques et ne remplacez que certaines d'entre elles, au lieu de tout migrer d'un coup. Cette approche va souvent de pair avec le commerce headless ou les architectures composables, où les différents systèmes (CMS, recherche, paiement) sont reliés par des API.
La plupart des migrations entrent dans l'une de ces trois catégories, mais leur mise en œuvre varie selon l'architecture.
Bien préparé et bien mené, un replatforming produit des résultats mesurables. La marque française de chaussures Odaje, par exemple, a migré de PrestaShop vers Shopify en septembre 2023. La refonte complète de son écosystème a pris sept mois et s'est traduite par une hausse de 6 % du taux de conversion et de 25 % des ventes internationales.
Statistiques sur la migration de sites e-commerce
Si les marques sont de plus en plus pressées de migrer vers une plateforme moderne, c'est aussi parce que les internautes achètent de plus en plus souvent en ligne. En France, 42,2 millions de personnes ont acheté en ligne en 2025, soit 72,9 % des 15 ans et plus, et chaque cyberacheteur a passé en moyenne 75 commandes sur l’année, selon le bilan annuel de la Fevad.
Pour répondre à cette demande, les entreprises se tournent vers des solutions e-commerce cloud et SaaS qui les aident à monter en charge et à progresser sur plusieurs points décisifs pour la fidélisation et les ventes :
- Expérience utilisateur : en France, 69 % des cyberacheteurs achètent désormais sur mobile, soit 7 points de plus en un an, selon la Fevad. Au niveau mondial, le mobile devrait représenter 64 % des achats en ligne d’ici 2030, d’après le Global Payments Report 2025 de Worldpay (en anglais). Il vous faut donc une plateforme capable d’offrir une UX irréprochable sur mobile comme sur ordinateur, et de faciliter l’achat sur n’importe quel appareil.
- Moyens de paiement : en France, les portefeuilles numériques représentaient déjà 34 % de la valeur des transactions en ligne en 2024, contre 53 % au niveau mondial, selon Worldpay. Si votre plateforme actuelle ne les accepte pas, vous passez sans doute à côté de ventes.
- Paiement et taux de conversion : l’abandon de panier reste un problème majeur en e-commerce. D’après le Baymard Institute, relayé par EcommerceMag, le taux moyen d’abandon de panier tourne autour de 70 %. Parmi les raisons citées : la défiance envers la sécurité du site (environ 25 %) et un processus de paiement trop long (environ 18 %).
- Vitesse du site : selon une étude citée par Cloudflare, deux secondes de retard dans l’affichage des pages font perdre en moyenne environ 4 % de revenus par visiteur.
Beaucoup de ces problèmes, en particulier un paiement laborieux, des interruptions de service ou des pages lentes, dépendent directement des capacités de la plateforme et des contraintes de son architecture. D’ailleurs, selon le Baymard Institute cité par ClickForest, un site e-commerce peut augmenter son taux de conversion de 35 % rien qu’en repensant le design de son parcours de paiement.
Changer de plateforme e-commerce peut coûter cher et prendre du temps, mais avec une bonne préparation et une méthode claire, vous limitez les perturbations et gardez la main sur les coûts. Pour beaucoup de marques en croissance, les gains à long terme (capacité à monter en charge, performances, efficacité opérationnelle) justifient l'investissement de départ.
Ce que disent les dernières données sur les comportements d'achat et les risques
Ensemble, ces chiffres donnent des priorités claires pour préparer une migration. Une part croissante du chiffre d’affaires se joue sur mobile, où la souplesse des moyens de paiement compte plus que jamais, alors que les portefeuilles numériques gagnent du terrain, y compris en France. Et avec un taux d'abandon de panier qui reste autour de 70 %, l'expérience de paiement devrait figurer parmi vos premiers critères de choix d'une nouvelle plateforme.
Pour les équipes retail et e-commerce qui envisagent un replatforming, le vrai risque n'est pas de migrer : c'est de rester sur une plateforme incapable de suivre ces évolutions.
9 points à examiner avant un replatforming e-commerce
Que ce soit votre premier replatforming ou non, plusieurs points méritent réflexion avant de vous lancer. Ils vous aideront à déterminer si changer de plateforme est la bonne décision et à définir, avant de commencer, ce que vous attendez du projet.
1. Les résultats attendus pour l'entreprise
La plupart des entreprises envisagent un replatforming lorsqu'elles lancent de nouveaux produits, s'ouvrent à de nouveaux marchés ou ajoutent des moyens de paiement, lorsqu'elles changent d'échelle, ou lorsqu'elles ont plusieurs problèmes à régler en même temps.
Quelle que soit votre raison, un replatforming ne mérite le temps, l'argent et l'énergie qu'il demande que s'il améliore nettement le design, les fonctionnalités, les performances et les résultats.
C'est un investissement de long terme. Fixez donc des objectifs de migration clairs et choisissez une solution capable d'y répondre tout en accompagnant votre prochaine phase de croissance.
Traduisez la réussite du projet en indicateurs mesurables : meilleur taux de conversion, site plus rapide, coûts de maintenance en baisse ou ouverture de nouveaux canaux de vente.
2. Les coûts
Le coût d'un replatforming e-commerce dépend de la complexité de la transition.
Plusieurs éléments font varier la facture :
- La plateforme e-commerce
- Le type de migration, réalisée en interne ou confiée à un prestataire
- La durée d'interruption du site pendant le transfert
- Les tests et le lancement
- Le suivi des performances
- La maintenance de la nouvelle plateforme
- La formation du personnel
Avant de vous engager, chiffrez à la fois l'investissement de départ et les coûts récurrents : infrastructure, développement, intégrations et maintenance à long terme.
3. Les fonctionnalités de la plateforme
On ne change pas de plateforme pour son design, mais pour ce qu'elle permet de faire.
Comparez ce que proposent les plateformes e-commerce récentes avec les limites de la vôtre. Concentrez-vous sur les fonctionnalités qui simplifient vos opérations ou soutiennent votre croissance, pas sur les améliorations purement esthétiques. Regardez par exemple la souplesse du paiement, la tenue en charge lors des pics de trafic et les outils de vente à l'international.
4. Les intégrations
Votre plateforme actuelle est sans doute déjà connectée à des plugins, extensions et applications qui font tourner des fonctions essentielles : gestion de la relation client (CRM), marketing, ventes, paiements.
Votre prochaine plateforme doit s'intégrer sans difficulté à votre infrastructure et reprendre les intégrations en place, sans perte de performance ni complexité inutile.
Si votre outil de vente vous donne satisfaction, par exemple, la nouvelle plateforme doit pouvoir s'y connecter, ainsi qu'aux autres systèmes clés de l'entreprise, sans en dégrader les performances.
Si des changements s'imposent, auditez votre stack technologique dès le départ pour savoir ce qu'il faut conserver, remplacer ou regrouper, et comment les données circuleront en toute sécurité d'un système à l'autre.
5. Les compétences techniques de votre équipe
Un replatforming transforme toute l'organisation et demande la mobilisation de tous, pas seulement des développeurs.
Marketing, finance, informatique, contenu : toutes les équipes doivent être impliquées, et avoir les compétences techniques nécessaires pour mener le projet à bien. Demandez-vous si vos équipes peuvent gérer en interne la mise en œuvre de la plateforme, les intégrations et l'optimisation continue, ou s'il faudra faire appel à des partenaires externes.
Choisissez une plateforme à la mesure de votre équipe. Une solution qui exige beaucoup de développement sur mesure peut vous obliger, sans que vous l'ayez prévu, à recruter des profils spécialisés.
6. La conduite du changement et la formation
Le replatforming bouscule votre stack technologique et vos méthodes de travail. Sans véritable plan de conduite du changement, une migration techniquement irréprochable peut échouer parce que les équipes n'adoptent pas le nouvel outil.
Désignez dès le début un responsable de la formation et de la communication interne. Identifiez les métiers les plus concernés (merchandising, marketing, service client, finance) et prévoyez un accompagnement adapté à chacun.
Faites le point sur l'adoption à des moments clés : avant le lancement, la semaine du lancement, puis 30, 60 et 90 jours après. Vous vérifierez ainsi que les équipes sont à l'aise avec le nouveau système et que les processus fonctionnent comme prévu.
7. Le support client
Même avec une excellente équipe, vous aurez besoin d'un service client réactif, compétent et aimable pour recueillir les retours des clients et corriger vite et bien les erreurs, surtout pendant la migration et juste après.
Vérifiez que le logiciel e-commerce que vous choisissez propose un support 24 h/24 et 7 j/7 sur plusieurs canaux (e-mail, téléphone, chat en direct, base de connaissances, tutoriels), pour obtenir l'aide dont vous avez besoin au quotidien.
Pour les grandes équipes, regardez aussi comment les problèmes sont escaladés : interlocuteur dédié, engagements de niveau de service (SLA), etc. Quand le chiffre d'affaires est en jeu, chaque minute compte.
8. Le calendrier de la migration
Le moment choisi pour migrer peut peser sur vos conversions et votre chiffre d'affaires.
Il n'y a jamais de moment idéal, mais mieux vaut généralement viser une période creuse, quand le trafic du site est au plus bas. Vous limitez ainsi les interruptions et pouvez repérer les éventuels problèmes sans trop pénaliser votre activité.
9. L'impact à long terme et les évolutions à venir
Le replatforming vous engage sur la durée. Pensez à son impact sur l'entreprise, aux évolutions du marché et aux ruptures qui pourraient survenir.
Si votre feuille de route prévoit l'ouverture de nouveaux marchés, le passage à une architecture headless ou à un modèle de commerce composable, assurez-vous que la plateforme visée pourra suivre sans vous imposer une nouvelle migration coûteuse.
L'objectif n'est pas seulement de lever les blocages d'aujourd'hui, mais de choisir une architecture qui n'en créera pas de nouveaux dans deux ou trois ans.
Replatforming e-commerce : les 12 étapes à suivre
Replatforming et migration e-commerce sont deux termes interchangeables : ils désignent le transfert de votre boutique d'une plateforme à une autre. L'ampleur du projet (coûts, ressources, calendrier, étapes) dépend de la taille et de la complexité de l'entreprise.
Une migration réussie suit néanmoins toujours les mêmes grandes étapes :
- Définir vos besoins et vos priorités
- Réunir les parties prenantes
- Comparer les plateformes e-commerce
- Planifier la migration
- Sauvegarder les données de votre boutique
- Concevoir et développer le nouveau site
- Migrer les données de la boutique
- Optimiser l'expérience de paiement
- Suivre une checklist de migration SEO
- Tester (encore et encore)
- Lancer le site web
- Assurer le suivi après le lancement
Voyons chaque étape en détail.
1. Définir vos besoins et vos priorités
Passez votre plateforme actuelle au crible : fonctionnalités manquantes, points faibles, axes d'amélioration, avantages et inconvénients d'un replatforming. Listez ensuite ce que le projet exige : ressources humaines, dépendances, échéances estimées.
Traduisez vos objectifs business en exigences techniques, pour évaluer les plateformes sur des résultats mesurables.
2. Réunir les parties prenantes
Le replatforming e-commerce est un projet collectif, qui implique aussi bien les équipes opérationnelles que les décideurs. Réunissez un représentant de chaque équipe concernée par la migration et expliquez pourquoi le projet est nécessaire.
Mettez-vous d'accord sur les points suivants :
Ce que vous ne pouvez pas faire avec votre plateforme actuelle
- Les tâches qui vous prennent aujourd'hui le plus de temps
- Ce qui pourrait être automatisé pour économiser du temps et des ressources
- Les problèmes récurrents de la plateforme qui vous font perdre du chiffre d'affaires
- Une estimation des ressources internes gaspillées à cause de ces problèmes
- Ce qui, dans votre système actuel, freine l'innovation, la croissance de la boutique et la qualité de l'expérience client
- Qui pilotera la conduite du changement, la formation et l'adoption en interne après la migration
- En quoi un autre type de plateforme e-commerce réglerait l'ensemble de ces points
- Les risques du replatforming, et ce à quoi il faut s'attendre pendant et après la migration
Le but : que tout le monde sache pourquoi vous migrez, ce que vous en attendez et qui est responsable de chaque chantier.
Si tout le monde s'accorde sur la nécessité de changer de plateforme, reste à définir ensemble ce que vous attendez de la nouvelle.
Avant d'évaluer les plateformes, clarifiez les points suivants :
- Les fonctionnalités, personnalisations et intégrations indispensables
- Les problèmes existants que vous devez résoudre
- Les fonctionnalités nécessaires à votre croissance future
- Les processus qui pourraient être automatisés
- Les données à migrer (produits, clients existants, commandes, etc.)
- Les besoins en ressources
- Le calendrier de migration visé
Une agence partenaire est d'une aide précieuse tout au long de ce projet complexe : elle peut cadrer vos échanges et éclairer vos décisions dès le début.
3. Comparer les plateformes e-commerce
Vient ensuite la phase de recherche, pendant laquelle vous comparez les différentes plateformes. Des sites comme G2, Capterra et Gartner vous aideront à établir une première liste de fournisseurs. Vous pouvez aussi envoyer un appel d'offres (RFP) accompagné de la liste de vos exigences, pour toucher plus de fournisseurs tout en vous épargnant du travail.
Ramenez votre liste à quelques fournisseurs et organisez un premier appel avec chacun.
Pendant ces appels, posez par exemple les questions suivantes :
- Combien coûte la migration ?
- Combien de temps prend la migration ?
- Comment se déroule la migration ?
- Comment votre équipe nous accompagne-t-elle pendant la migration ?
- Quel support client proposez-vous dans la durée ?
- Pouvez-vous nous communiquer des chiffres sur la vitesse et le taux de disponibilité de votre plateforme ?
- Comment votre plateforme se comporte-t-elle quand le nombre de produits, les ventes et le trafic augmentent ?
- Comment garantissez-vous la sécurité de mes données pendant la migration ?
- Quelles mesures de sécurité et de conformité votre plateforme applique-t-elle ?
- Pouvez-vous nous fournir la liste de vos intégrations prêtes à l'emploi ? Que se passe-t-il si nous avons besoin d'une intégration que vous ne proposez pas encore ?
Ajoutez à cette liste les questions propres à votre entreprise. Consignez les réponses dans un document partagé, pour que toute l'équipe puisse évaluer les fournisseurs ensemble.
4. Planifier la migration
Une fois votre partenaire e-commerce choisi, établissez un cahier des charges et un calendrier réalistes. Définissez les grandes étapes, les dépendances et le responsable de chaque chantier.
La plupart des migrations se découpent en plusieurs sous-projets :
- Nouvelle arborescence du site
- Migration du contenu
- Audit du site et nettoyage du contenu existant
- Design front-end
- Développement back-end
- Formation avant et après le lancement
- Plan de migration SEO
La migration des données se prépare aussi à ce stade. C'est le moment de décider quelles données transférer et comment les déplacer en toute sécurité d'une plateforme à l'autre : service tiers, API, application ou import manuel de fichiers CSV. Voyez avec votre agence ou votre fournisseur quelle option convient le mieux à votre projet.
5. Sauvegarder les données de votre boutique
Déplacer de gros volumes de données d'une plateforme à une autre est une opération délicate, et il arrive que les choses tournent mal, même avec un plan détaillé.
Avant le replatforming, faites un crawl de votre boutique pour recenser tout votre contenu et dresser l'inventaire des données à migrer vers la nouvelle plateforme.
Triez ensuite ce contenu : gardez ce qui est utile et supprimez le reste, par exemple les pages anciennes ou obsolètes qui ne sont pas optimisées pour le référencement. Vous éviterez de transférer du contenu inutile et réduirez les risques liés à la migration.
Sauvegardez ensuite les données de votre entreprise (catalogues, profils clients, historique des commandes) ainsi que la configuration de vos fonctionnalités e-commerce. Gardez une sauvegarde saine pour pouvoir restaurer rapidement les données en cas de besoin.
Notez où se trouvent vos données aujourd'hui et comment elles seront organisées dans la nouvelle plateforme.
6. Concevoir et développer le nouveau site
C'est probablement la phase qui mobilisera le plus de temps et de ressources. Vos designers et vos développeurs créent le front-end et le back-end de votre nouvelle boutique. C'est aussi à ce moment-là que les données migrées sont chargées dans le nouveau site.
Si vous voulez revoir en profondeur la navigation, le contenu, l'UX, le design ou le back-end de votre site, c'est le moment.
Attention toutefois à ne pas laisser le périmètre du projet s'étendre. Le replatforming est une bonne occasion de moderniser votre site, mais une refonte de site web trop ambitieuse entraîne des retards et des risques supplémentaires.
7. Migrer les données de la boutique
Si vous avez les compétences techniques et l'expérience nécessaires, vous pouvez migrer vous-même les données de votre boutique, manuellement.
Vous pouvez aussi utiliser une application de migration ou passer par un prestataire spécialisé. Vérifiez qu'il a déjà réalisé des migrations entre la plateforme que vous quittez et celle que vous adoptez, et qu'il peut gérer l'ensemble de l'opération de façon fiable et sécurisée.
Avant le lancement, vérifiez que les produits, les clients et les commandes ont été correctement transférés. Passez quelques commandes test pour vous assurer que le paiement et les rapports fonctionnent comme prévu.
8. Optimiser l'expérience de paiement
Selon la plateforme choisie, vous pourrez peut-être aussi personnaliser et optimiser votre expérience de paiement. Connectez à la nouvelle plateforme les applications de paiement tierces que vous utilisez déjà, et fluidifiez le parcours utilisateur autant que possible.
C'est le moment de vérifier que le nouveau parcours de paiement e-commerce respecte les bonnes pratiques définies au début de la phase de planification. Vos clients doivent retrouver une expérience rapide, sécurisée et efficace.
Le taux d'abandon de panier étant élevé, cherchez tout ce qui peut fluidifier le paiement : formulaires simplifiés, portefeuilles numériques, frais de livraison clairement affichés, design pensé d'abord pour le mobile.
9. Suivre une checklist de migration SEO
Un replatforming e-commerce comporte un risque pour le SEO, mais ce risque reste maîtrisable si vous abordez le projet comme une migration de site en bonne et due forme.
Chaque fois qu'un site change de plateforme, les modifications d'URL, d'architecture et de performances peuvent faire baisser temporairement son positionnement dans les moteurs de recherche.
Pour limiter ce risque :
- Auditez votre contenu existant et supprimez les pages obsolètes et les doublons.
- Vérifiez que tout nouveau contenu est bien optimisé pour vos mots-clés cibles.
- Migrez toutes les métadonnées et les données structurées (balisage Schema) de votre ancien site, en les optimisant au passage si nécessaire.
Pour aller plus loin, calez votre plan de migration SEO sur les recommandations de Google pour les migrations de site avec changement d'URL :
- Plan de redirection : faites correspondre chaque URL indexée à sa nouvelle URL, une pour une. Commencez par les pages qui génèrent le plus de trafic et de chiffre d'affaires. Utilisez des redirections 301 (permanentes), pas des 302.
- Vérifications avant le lancement : testez les redirections dans un environnement de préproduction. Contrôlez les balises canoniques, les attributs hreflang (pour les sites internationaux) et les données structurées.
- Configuration de la Search Console : ajoutez et validez votre nouveau domaine (ou votre nouvelle structure d'URL) dans la Google Search Console avant le lancement. Soumettez votre sitemap XML à jour dès la mise en ligne.
- Suivi après le lancement : consultez chaque jour le rapport d'indexation des pages de la Search Console pendant les deux premières semaines. Surveillez les pics d'erreurs 404, les anomalies d'exploration et les baisses inattendues du nombre de pages indexées. Suivez les Core Web Vitals de Google pour repérer rapidement toute baisse de performance.
Une fois le site en ligne, continuez de surveiller votre trafic organique, vos positions dans les moteurs de recherche et votre SEO technique avec des outils comme Semrush ou Ahrefs. Restez attentif aux erreurs 404, aux problèmes de vitesse du site et à tout autre signal d'une baisse de performance.
10. Tester (encore et encore)
Avant le lancement, testez à plusieurs reprises la navigation, le paiement, les fonctionnalités front-end et back-end et la sélection des produits. Testez de bout en bout les parcours utilisateur les plus importants, pour détecter les problèmes avant vos clients.
Profitez-en pour analyser votre site avec un outil d'audit de performance comme Google PageSpeed Insights, et vérifier que toutes vos pages se chargent et s'affichent correctement.
Faites tester le site par vos équipes, du point de vue de l'entreprise comme de celui du client. Demandez aux parties prenantes de travailler dans le back-end et de simuler des commandes côté front-end. Rassemblez tous les retours et tenez-en compte dans les derniers ajustements avant le lancement.
11. Lancer le site web
Le lancement lui-même devrait être assez simple. Choisissez un créneau qui perturbe le moins possible vos clients. Si possible, préparez à l'avance une checklist de lancement avec votre agence ou votre partenaire technique, pour dérouler les tâches dans l'ordre.
12. Assurer le suivi après le lancement
Enfin, un plan de suivi structuré vous aide à repérer les problèmes qui apparaissent après le lancement avant qu'ils ne pèsent sur le chiffre d'affaires.
Les 72 premières heures : surveillez en temps réel le taux de finalisation des commandes, le traitement des paiements, les e-mails de confirmation et les redirections. Gardez votre équipe technique mobilisée pour corriger immédiatement le moindre problème : c'est là qu'apparaissent les bugs les plus critiques.
Les deux premières semaines : suivez chaque jour l'évolution du trafic organique et de vos positions dans les moteurs de recherche. Vérifiez dans la Google Search Console les erreurs d'exploration, les problèmes d'indexation et la dégradation éventuelle des Core Web Vitals. Comparez le chiffre d'affaires, le taux de conversion et le panier moyen à vos chiffres d'avant la migration.
Les 60 premiers jours : faites un bilan complet des performances. Analysez la vitesse du site, le taux d'abandon au moment du paiement et le chiffre d'affaires au regard de vos objectifs de migration. Recueillez les retours de vos équipes sur les nouveaux processus et levez les derniers freins à l'adoption. Lancez si nécessaire une migration delta pour récupérer les commandes ou les fiches clients créées pendant la période de transition.
Pourquoi les entreprises e-commerce changent-elles de plateforme ?
Les entreprises e-commerce changent de plateforme pour de nombreuses raisons, le plus souvent liées à leur stade de croissance et à leurs besoins opérationnels. Dans la plupart des cas, il s'agit de lever des blocages, d'accéder à de nouvelles fonctionnalités, ou les deux.
Elles cherchent souvent à éviter ou à régler les problèmes suivants :
- Site peu performant
- Site lent et peu réactif
- Fonctionnalités manquantes sur la plateforme actuelle
- Interface d'administration ou back-end peu pratique
- Maintenance chronophage et coûteuse
- UX décevante
- Dette technique croissante
- Plateforme qui n'innove plus
- Difficulté à monter en charge
- Infrastructure e-commerce peu fiable
Elles en attendent aussi des bénéfices :
- Une meilleure capacité à monter en charge
- Une meilleure expérience client
- Des intégrations et des applications récentes
- Une solution pratique, sûre et abordable
- Un paiement personnalisé et optimisé
- Un suivi et des analyses plus poussés
- Une maintenance et des mises à jour plus simples
- Un site et des données mieux protégés
« Les entreprises e-commerce peuvent transférer leur présence en ligne vers une autre plateforme pour accompagner leur croissance et offrir une meilleure expérience utilisateur », explique Alexandra Fennell, cofondatrice et PDG de la marque américaine Attn: Grace. « Elles choisissent de faire un replatforming lorsque leur fournisseur actuel connaît des problèmes techniques réguliers qui nuisent aux taux de conversion, ou lorsqu'il ne peut pas évoluer assez vite pour rester compétitif. »
Selon Monte Deere, PDG de la marque américaine de chaussures Kizik, l'entreprise y gagne aussi en crédibilité auprès de ses clients. « Comment ne pas être impressionné par une entreprise, et lui faire davantage confiance, quand sa plateforme e-commerce est aussi élégante et intuitive que celle d'Apple ? », souligne-t-il.
Un site incapable d'absorber un pic de trafic, et des ventes perdues : c'est ce qui a décidé La Rosée à migrer vers Shopify.
Fondée en 2015 par deux pharmaciennes, cette marque française de cosmétiques naturels est passée de 250 pharmacies partenaires à près de 9 500 en 2023. En pleine pandémie de Covid-19, elle diffuse sa première publicité télévisée, et le trafic de son site, alors sous PrestaShop, s'envole.
Le site n'était pas dimensionné pour un tel afflux et de nombreuses ventes ont été perdues. Sa gestion exigeait en outre l'intervention constante, et coûteuse, de développeurs et d'agences. La Rosée a donc migré vers Shopify en juillet 2023. En trois mois, son taux de conversion a progressé de 53 %, et ses pages se chargent désormais 40 % plus vite.
Pour La Rosée, le déclic a été une infrastructure peu fiable qui lui faisait perdre du chiffre d'affaires. Le résultat : un site capable de suivre sa croissance, plus d'autonomie pour ses équipes et des gains mesurables en quelques mois.
Les différents types de plateformes e-commerce
Les plateformes e-commerce se répartissent en quatre grands types, chacun avec ses avantages et ses limites. Celui que vous choisirez pèsera lourd sur vos dépenses courantes, vos besoins de maintenance et votre capacité à monter en charge.
|
Type de plateforme |
Fonctionnement |
Principaux avantages |
Points de vigilance |
Idéal pour |
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SaaS |
Sur abonnement ; infrastructure conçue et maintenue par le fournisseur |
Tarification prévisible ; mises à jour automatiques ; sécurité et conformité intégrées ; mise en ligne plus rapide |
Personnalisation parfois plus limitée qu'en on-premise ; dépendance à la feuille de route de l'éditeur |
Les marques en croissance qui privilégient la fiabilité, la rapidité de mise sur le marché et des coûts d'exploitation réduits |
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On-premise |
Hébergée sur une infrastructure appartenant à l'entreprise ; conçue et maintenue par des équipes internes ou des prestataires |
Contrôle total du code, du matériel et de la sécurité ; personnalisation très poussée |
Coûts d'infrastructure et de personnel élevés ; la montée en charge lors des pics d'activité doit être anticipée |
Les grandes entreprises dotées d'équipes techniques solides et soumises à des exigences strictes de souveraineté des données |
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Cloud (IaaS) |
Hébergée chez un fournisseur cloud tiers (par exemple AWS, Azure) ; l'entreprise développe et maintient la plateforme |
Pas de matériel à acheter ; sauvegardes de données faciles ; absorbe les pics de trafic ; accès au code source |
Demande tout de même un investissement en ingénierie ; les coûts peuvent grimper en période de fort trafic |
Les marques qui veulent une infrastructure flexible sans gérer une installation on-premise complète |
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Composable / Headless |
Assemblage des meilleurs composants du marché (CMS, recherche, paiement, OMS) reliés par des API ; front-end découplé du back-end |
Flexibilité maximale ; contrôle fin de chaque composant ; adapté aux stacks complexes déployés dans plusieurs régions |
Grande complexité ; exige une équipe technique solide pour gérer plusieurs fournisseurs |
Les grandes entreprises qui ont des besoins front-end très spécifiques ou des expériences client très différenciées |
SaaS
Les plateformes e-commerce SaaS sont des solutions sur abonnement conçues et maintenues par un fournisseur tiers. En clair, l'entreprise loue le logiciel au prestataire au lieu de construire et de faire évoluer sa propre infrastructure.
Le SaaS convient bien aux boutiques en croissance et à celles qui recherchent avant tout la simplicité d'utilisation et la fiabilité. L'infrastructure, la disponibilité et la sécurité sont généralement à la charge du fournisseur, ce qui vous décharge d'autant.
Principaux avantages des plateformes e-commerce SaaS :
- Une tarification prévisible sur abonnement
- Pas besoin d'équipe technique à plein temps pour gérer les serveurs ou la sécurité
- Un support et un accompagnement dans la durée
- Une infrastructure dédiée qui suit la croissance de votre entreprise
- De nombreuses intégrations et applications tierces
- Des mises à jour logicielles et de sécurité automatiques
- Une mise en ligne plus rapide de la boutique
Côté sécurité, notez que la norme PCI DSS v4.0.1 est désormais la version de référence, et ses nouvelles exigences sont obligatoires depuis le 31 mars 2025. Les plateformes SaaS comme Shopify assurent cette conformité nativement, ce qui allège d'autant la préparation de votre migration. Avec une configuration on-premise ou cloud, la mise en conformité avec la nouvelle version s'ajoute à votre checklist de migration.
On-premise
Les plateformes e-commerce on-premise (ou « sur site ») sont développées avec les ressources de l'entreprise et hébergées sur ses propres serveurs. Le développement et la maintenance sont entièrement assurés par des équipes internes ou des prestataires, qui ont aussi la responsabilité de l'infrastructure technique et de la sécurité.
Principaux avantages des solutions e-commerce on-premise :
- Un contrôle total et un accès direct au code du site web et au matériel
- La maîtrise complète de la sécurité de la plateforme et du réseau
- La possibilité d'optimiser le site très finement et sur mesure
Les systèmes on-premise historiques conviennent très bien aux équipes qui ont une solide expertise technique, mais ils mobilisent beaucoup de ressources internes. Entre l'infrastructure, les salaires, la sécurité et les prestataires, les dépenses courantes grimpent vite, d'autant que les coûts augmentent avec le trafic et la complexité.
Performances, sauvegardes, disponibilité, sécurité et montée en charge reposent aussi sur l'équipe interne. Il devient alors difficile de réagir vite aux pics d'activité et aux nouvelles opportunités de marché.
Cloud
Les plateformes e-commerce cloud se situent à mi-chemin entre le SaaS et l'on-premise et reposent sur un modèle d'infrastructure as a service (IaaS). Autrement dit, l'entreprise héberge son site e-commerce dans le cloud, chez un fournisseur comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou le français OVHcloud.
Les éditeurs de plateformes e-commerce cloud louent certes l'infrastructure de stockage et le matériel à un fournisseur tiers, mais ce sont eux qui développent et maintiennent le cœur de la plateforme e-commerce.
Principaux avantages des solutions e-commerce cloud :
- Pas d'infrastructure coûteuse à acheter ou à louer
- Des sauvegardes faciles et une capacité ajustable en période de pointe
- Les dispositifs de sécurité des grands fournisseurs IaaS
- La possibilité de modifier et d'optimiser le code source de la plateforme
- Une personnalisation complète des fonctionnalités, de l'expérience utilisateur et du back-end
Moins gourmandes en ressources que l'on-premise, les plateformes e-commerce cloud demandent tout de même un investissement en ingénierie et en infrastructure. Il faut payer les frais de licence de l'infrastructure IaaS et disposer d'une équipe très technique pour développer et maintenir le site. Les coûts ont aussi tendance à grimper en période de fort trafic, quand il faut davantage de puissance de calcul.
L'approche composable / headless
De plus en plus de grandes marques étudient le commerce composable et les architectures headless au moment de choisir leur nouvelle plateforme. Au lieu d'adopter une plateforme monolithique, vous assemblez les meilleurs composants du marché (CMS, recherche, paiement, système de gestion des commandes ou OMS) et vous les reliez par des API.
Cette approche offre une grande flexibilité, au prix d'une complexité accrue. Il vous faudra une équipe technique solide pour gérer plusieurs fournisseurs et maintenir les intégrations.
Le composable mérite d'être envisagé si vous avez des besoins front-end très spécifiques, si vous êtes présent dans de nombreux pays avec des stacks technologiques différents, ou si vous voulez contrôler finement chaque brique de l'expérience client.
Pour beaucoup de marques, cependant, une plateforme SaaS moderne apporte la flexibilité du composable sans la charge opérationnelle. Le framework headless de Shopify, par exemple, permet de faire du headless au sein d'un stack entièrement géré.
Élaborer votre plan de replatforming e-commerce
La préparation est la partie la plus importante d'un projet de replatforming e-commerce. Mal préparé, vous risquez d'oublier des étapes clés, de dépasser les délais et le budget et de commettre des erreurs coûteuses pour votre entreprise.
« Le plus grand risque, dans une migration e-commerce, c'est de mal la préparer », affirme Nathan Lomax, cofondateur de l'agence britannique Quickfire Digital. « Vouloir changer de plateforme dans un délai trop court crée des problèmes par la suite : des données précieuses risquent d'être perdues, la visibilité dans les moteurs de recherche peut en pâtir sérieusement et vous passez de longues semaines, après le lancement, à réparer ce qui aurait pu être réglé facilement en amont », explique-t-il.
Pour éviter ces erreurs, articulez votre préparation autour de six points clés.
Analysez les besoins de votre entreprise
Cette préparation s'appuie en grande partie sur les points abordés plus haut. Des objectifs business clairs doivent guider chacune de vos décisions.
Vous devez savoir précisément ce que votre entreprise attend de la nouvelle plateforme, en tenant compte à la fois des contraintes actuelles et des besoins à venir.
« En général, les projets e-commerce qui réussissent impliquent de nombreux services », explique Kevin Patel, PDG de Convrrt. « Sollicitez tous les collaborateurs de l'entreprise pour être sûr de n'oublier aucun besoin. Dressez la liste de ce qui est indispensable et de ce qui serait souhaitable aujourd'hui, puis celle des fonctionnalités dont vous pourriez avoir besoin demain. »
Faites le point sur les limites de votre plateforme, le poids de la maintenance et les conséquences sur le chiffre d'affaires. Tirez-en des objectifs et des échéances classés par priorité.
Si le replatforming e-commerce est la bonne décision pour votre entreprise, encore faut-il l'aborder en sachant à quoi vous attendre.
« C'est souvent un projet coûteux, puisque vous renoncez à ce que vous avez investi dans votre plateforme d'origine », explique Alexandra Fennell. « Il faut former à nouveau vos équipes, et l'opération touche aux données clients, ce qui peut rendre l'expérience utilisateur confuse et frustrante. Si vous devez changer de plateforme, identifiez les activités de l'entreprise qui en pâtiront, afin d'adapter vos opérations et d'éviter toute interruption du site. »
Rédigez un appel d'offres (RFP)
Un appel d'offres vous aide à formaliser vos exigences avant d'entamer les discussions avec les fournisseurs.
Votre appel d'offres e-commerce peut être aussi détaillé ou aussi général que vous le souhaitez. Plus vos exigences sont précises, plus les réponses seront pertinentes. Sachez toutefois qu'un appel d'offres peut dissuader certains fournisseurs de répondre, alors qu'ils auraient pu couvrir une partie de vos besoins.
En le rédigeant, posez-vous les questions suivantes :
- Pourquoi migrez-vous et dans quel délai voulez-vous remettre votre site en ligne ?
- Quels sont vos objectifs ?
- En période de pointe, quel volume de trafic, de paiements et de ventes enregistrez-vous ?
- Comment gérez-vous aujourd'hui les modifications de design, de catalogue et d'UX ?
- Quels canaux de vente utilisez-vous ?
- Comment vendez-vous aujourd'hui à l'international ?
- Avez-vous des personnalisations ou des configurations de produits particulières ?
- Quels sont vos coûts d'exploitation actuels ?
- Quelles marques admirez-vous ou prenez-vous pour modèle ?
- Quels outils tiers, logiciels internes et partenaires externes voulez-vous absolument conserver ? Lesquels souhaitez-vous remplacer ou ajouter ?
Utilisez une grille de notation commune pour évaluer les réponses objectivement.
Calculez votre coût total de possession
Pour prendre la bonne décision, il est indispensable de calculer le coût total de possession (TCO) de chaque plateforme e-commerce envisagée.
Dans ce calcul, tenez compte à la fois de l'investissement initial de migration et des coûts d'exploitation de la nouvelle plateforme. Les principaux postes de dépenses :
- Coûts de migration : migration des données, licence de plateforme, frais d'agence ou de partenaire, formation des équipes et interruption du site pendant la transition
- Coûts récurrents de la plateforme : hébergement, correctifs de sécurité, maintenance, développement sur mesure, tests de performance et recette utilisateur
- Coûts cachés : surcoûts lors des pics de trafic, développement sur mesure du paiement, licences supplémentaires pour accéder à de nouvelles fonctionnalités, temps passé à gérer le contenu, frais d'applications ou d'intégrations non prévus dans le devis initial
C'est là qu'il devient utile de bien connaître les particularités de chaque type de plateforme e-commerce. Les plateformes on-premise et cloud peuvent entraîner des dépenses qui alourdissent votre coût total de possession, bien au-delà des frais de licence initiaux. La structure des coûts varie d'un modèle à l'autre, notamment pour l'infrastructure et les besoins en personnel.
Certaines plateformes SaaS incluent l'infrastructure et la sécurité dans le contrat de licence principal, ce qui rend les coûts plus prévisibles. Shopify, par exemple, supprime des postes de dépenses entiers, car la plupart des fonctionnalités essentielles sont intégrées à la plateforme.
Recensez précisément tous les coûts supplémentaires et récurrents associés à chaque fournisseur envisagé. Le coût de la migration, ajouté aux frais de licence et de maintenance, donne votre coût total de possession.
Identifiez les intégrations nécessaires
Avant de choisir une nouvelle plateforme e-commerce, faites aussi l'inventaire de toutes les technologies que vous utilisez, et de celles qui devront s'intégrer à votre nouvelle solution.
Vous aurez peut-être besoin, par exemple, d'intégrer votre ERP, votre CRM ou votre outil d'automatisation marketing. Chaque fournisseur doit vous préciser ce qui est possible nativement et ce qui demandera du travail et un budget supplémentaires. Dans certains cas, une application e-commerce peut remplacer votre solution actuelle à moindre coût.
Si vous avez déjà audité votre stack technologique, appuyez-vous sur cet audit pour valider vos besoins d'intégration, plutôt que de refaire l'exercice.
Choisissez la méthode de transfert des données
Le transfert des données est l'une des étapes les plus importantes et les plus sensibles d'un replatforming e-commerce. Toutes les données clients et produits essentielles doivent être transférées en toute sécurité, sans erreur et dans le bon format.
Il existe trois façons de transférer des données d'une plateforme e-commerce à une autre.
- Manuellement, en interne : votre équipe (ou votre agence) importe les produits et les données clients au moyen de fichiers CSV. Cette méthode convient surtout aux petits sites.
- Avec une application : les outils de migration automatisent le transfert des produits, des clients et des commandes d'une plateforme à l'autre. L'application Store Migration de Shopify, par exemple, importe vos produits, vos clients et votre historique de commandes dans votre boutique. Parmi les autres applications de transfert de données les plus utilisées figurent Cart2Cart, WooCommerce Importer et Next-Cart Store Migration.
- Par API : si vous travaillez avec une agence, des API propriétaires permettent un transfert de données plus personnalisé. Demandez à votre agence et à votre fournisseur quel accompagnement ils proposent sur ce point.
Avant de lancer le transfert, faites une sauvegarde et désactivez les notifications clients sur la plateforme de destination, pour éviter toute confusion.
Pour les sites e-commerce à fort volume, prévoyez aussi une migration delta : un second import de données, réalisé juste avant le lancement du nouveau site, pour récupérer les commandes et les clients enregistrés sur l'ancien site depuis le premier transfert.
Réunissez les bonnes personnes
Il est tentant de mobiliser une grande équipe pour une migration e-commerce, mais on ne sait alors plus très bien qui est responsable de quoi.
Mieux vaut définir clairement les rôles et les responsabilités dès le départ. Sur un projet de replatforming e-commerce de grande envergure, peuvent intervenir :
- Les parties prenantes internes
- Les partenaires de la plateforme
- Les équipes marketing internes
- Les équipes informatiques internes
- Les agences SEO et marketing
- Les agences e-commerce
- Un consultant en migration
« Quand plusieurs agences et équipes internes interviennent, le risque que des tâches passent entre les mailles du filet augmente. Confiez le dossier à votre meilleur chef de projet pour que tout, et tout le monde, reste sur les rails », conseille Nathan Lomax, de Quickfire Digital.
Le partenaire e-commerce que vous avez choisi dispose peut-être de ses propres experts pour vous aider à piloter la migration. Sinon, faites appel à un consultant en migration, qui vous aidera à déterminer qui doit être impliqué et quel sera le rôle de chacun.
Checklist de replatforming e-commerce
Le replatforming e-commerce est un projet de longue haleine, qui implique beaucoup d'intervenants et de chantiers menés en parallèle. Pour vous aider à ne rien oublier, voici une checklist de migration e-commerce qui résume les étapes décrites plus haut.
- Auditez votre site e-commerce actuel et listez tous les problèmes.
- Réunissez les principales parties prenantes et mettez-vous d'accord sur les objectifs de la migration.
- Définissez les besoins de votre entreprise, vos exigences vis-à-vis de la plateforme et vos objectifs à long terme.
- Rédigez un appel d'offres (RFP) ou évaluez les solutions e-commerce envisageables.
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Planifiez votre migration et préparez un plan de pré-lancement comprenant :
- La migration des données et du contenu
- L'organisation des données
- La création de nouvelles pages et de nouveaux contenus (si nécessaire)
- La mise à jour de la navigation et de l'arborescence du site
- Le design front-end et back-end
- Le design responsive
- La cartographie des intégrations
- La formation des équipes
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Élaborez un plan de migration SEO comprenant :
- Les points de SEO technique à traiter
- Le plan de redirection (redirections 301)
- Les valeurs de référence (benchmark) du trafic et des KPI
- Le suivi du trafic et des KPI après le lancement
- La méthode de suivi des erreurs 404, des baisses de trafic et des variations de positionnement
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Préparez un plan de lancement comprenant :
- Des tests approfondis de toutes les fonctionnalités du site, des liens, du paiement, etc., avant le lancement
- L'heure exacte de mise en ligne du nouveau site
- Les personnes d'astreinte pour lancer la mise en ligne et résoudre les problèmes
- La connexion à votre registrar pour régler le paramètre TTL (time to live) sur la valeur la plus basse possible, afin que la propagation soit rapide le jour J
- La bascule de votre site via votre système de noms de domaine (DNS) le jour du lancement
- Le verrouillage de votre ancienne boutique au moment des modifications DNS
- Un plan de secours en cas de problème
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Préparez un plan post-lancement comprenant :
- Le suivi et le test du paiement
- Le suivi et le test des e-mails de confirmation et des notifications
- Le suivi et le test des outils d'analyse et de reporting
- Un audit technique pour vérifier que le sitemap XML a bien été transféré et que vos codes d'analyse et de suivi fonctionnent
- Le suivi continu du trafic et du positionnement dans les moteurs de recherche
- La vérification des liens dans les e-mails et des ressources téléchargeables
- La vérification des parcours de téléchargement et d'inscription à la newsletter
- Sauvegardez les données de votre boutique actuelle avant la migration.
- Migrez les données de la boutique et vérifiez leur exactitude.
- Optimisez l'expérience de paiement.
- Réalisez des tests fonctionnels et des tests de performance.
- Lancez votre site et vérifiez le DNS, les paiements et le suivi.
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Surveillez les performances après le lancement :
- Les 72 premières heures : commandes, paiements, données d'analyse, redirections
- Les deux premières semaines : trafic, positionnement, chiffre d'affaires par rapport aux valeurs de référence
- Les 60 premiers jours : bilan des performances et adoption des nouveaux processus
Services de migration de données pour votre replatforming e-commerce
On l'a vu, la migration des données e-commerce est une étape essentielle du replatforming. Selon la complexité du projet, vous aurez peut-être besoin d'outils spécialisés ou d'une aide extérieure pour la mener à bien.
Voici les principales options pour les entreprises qui souhaitent migrer vers Shopify.
Les applications de migration tierces
Le Shopify App Store propose de nombreuses applications pour transférer les données d'une plateforme e-commerce vers votre boutique Shopify : fiches produits, données clients, historique des commandes et autres informations utiles.
Les applications de migration tierces du Shopify App Store réduisent le travail manuel pour les boutiques dont les données ont une structure standard.
Les API
Si votre entreprise est assez importante pour avoir ses propres développeurs, ou si vous avez le budget pour faire appel à des développeurs externes, vous pouvez transférer vos données au moyen d'une API. Cette approche est courante dans les grandes boutiques, dont les volumes de données exigent une mise en correspondance ou des intégrations sur mesure.
Les agences partenaires
Les agences partenaires de Shopify accompagnent les entreprises qui manquent de ressources en interne ou qui ont des besoins de migration particuliers. Elles peuvent bâtir un plan de migration e-commerce sur mesure, adapté à vos besoins actuels et futurs.
La marque marseillaise de doudounes JOTT, par exemple, s'est appuyée sur l'agence parisienne Colorz pour refondre entièrement son site et passer de PrestaShop à Shopify en juin 2022. La nouvelle plateforme a été déployée en quelques mois et a absorbé sans accroc un pic de trafic cinq fois supérieur aux prévisions.
FAQ sur le replatforming e-commerce
Qu'est-ce que le replatforming et la migration e-commerce ?
Le replatforming e-commerce consiste à transférer l'intégralité d'un site e-commerce, et des systèmes sur lesquels il repose, d'une plateforme à une autre. Tout le contenu de la plateforme d'origine est déplacé vers la nouvelle : produits, collections, pages, articles de blog, informations sur les clients et les commandes.
Quelles sont les étapes d'une migration e-commerce ?
Les grandes étapes : définir vos besoins et vos priorités, réunir les parties prenantes, comparer les plateformes, planifier la migration, sauvegarder vos données, puis concevoir et développer le nouveau site. Viennent ensuite la migration des données, l'optimisation du paiement, la checklist de migration SEO, les tests, le lancement et un suivi structuré après la mise en ligne. Le périmètre et le calendrier dépendent de la taille de la boutique, des intégrations et des ressources internes.
Combien de temps prend un replatforming e-commerce ?
Les délais varient beaucoup selon la taille et la complexité de votre boutique, les plateformes concernées et le type de migration, complète ou progressive. Une petite boutique qui migre vers une plateforme SaaS peut boucler le projet en 8 à 12 semaines. Une migration plus lourde ou plus complexe, avec du développement sur mesure ou plusieurs marchés à gérer, peut prendre six mois ou plus. Travailler avec une agence expérimentée ou un consultant en migration aide à tenir les délais et à éviter les retards les plus courants.
Pourquoi les entreprises e-commerce changent-elles de plateforme ?
Les entreprises e-commerce changent de plateforme lorsque la leur freine leur croissance au lieu de la soutenir. Les raisons les plus fréquentes : des problèmes de performance récurrents, une dette technique qui s'alourdit, un paiement ou une personnalisation trop rigides, des coûts de maintenance en hausse. Bien souvent, le replatforming s'impose quand maintenir le système en place coûte plus cher, et demande plus d'efforts, que le moderniser.
Combien coûte un replatforming e-commerce ?
Le coût d'un replatforming varie fortement selon la complexité de la boutique, les plateformes concernées et le recours à des ressources internes ou à des partenaires externes. Les principaux postes de dépenses sont la migration des données, la licence de la plateforme, les frais d'agence, la formation des équipes et la maintenance. D'après une étude Time to Value menée avec un grand cabinet de conseil, les marques qui migrent vers Shopify ont des coûts de mise en œuvre inférieurs de 23 % en moyenne à ceux des solutions concurrentes, et 3 fois plus de chances de respecter leur budget.
Comment protéger mon SEO pendant une migration de plateforme e-commerce ?
Pour protéger votre SEO, abordez le projet comme une migration de site en bonne et due forme. Établissez un plan de redirection complet, URL par URL, avec des redirections 301 pour toutes les pages indexées, migrez l'ensemble des métadonnées et des données structurées, et validez votre nouveau domaine dans la Google Search Console avant le lancement. Après la mise en ligne, consultez la Search Console chaque jour pendant deux semaines pour repérer les erreurs d'exploration, les problèmes d'indexation ou une dégradation des Core Web Vitals avant qu'ils ne pénalisent votre positionnement.




